Le Président de la République a instruit le Gouvernement de mettre en place, dans chaque secteur, un mécanisme permanent et renforcé de collaboration entre les cabinets ministériels et les administrations publiques. Cette décision, annoncée lors du 92ᵉ Conseil des ministres, vise à améliorer la coordination entre les orientations politiques des ministres et l’expertise technique des services administratifs.
Selon le compte rendu présenté par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, certaines insuffisances persistent dans l’articulation entre les cabinets et les administrations, ce qui justifie une mobilisation en faveur d’une coopération plus structurée et continue. Le Chef de l’État rappelle ainsi que l’administration publique demeure le socle de l’action de l’État, garantissant la continuité du service public, la mémoire institutionnelle et l’exécution technique des politiques gouvernementales.
Cette instruction présidentielle intervient dans un contexte où plusieurs observateurs estiment que, dans certains ministères, les cabinets ont progressivement multiplié les cellules et structures internes, prenant parfois en charge des dossiers qui relèvent normalement des administrations techniques. Une telle situation peut réduire l’implication des fonctionnaires de carrière, pourtant formés pour assurer le traitement administratif et technique des politiques publiques.
Le message du Gouvernement semble donc réaffirmer une répartition claire des responsabilités : aux cabinets ministériels reviennent l’impulsion politique, la coordination stratégique et la traduction de la vision gouvernementale, tandis que les administrations publiques doivent pleinement exercer leur mission de conception technique, de mise en œuvre et de suivi des dossiers relevant de leurs compétences.
Par ailleurs, le Président de la République a également demandé au vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique d’accélérer le processus de rajeunissement et de modernisation de l’administration, notamment par une meilleure intégration des diplômés de l’École nationale d’administration (ENA) et par un encadrement favorisant le transfert intergénérationnel des compétences.
CM