Après une période de silence diplomatique, un vent nouveau semble souffler entre Luanda et Kinshasa. Ce jeudi 14 mai, João Lourenço, ancien président de l’Union africaine et actuel président de la République d’Angola, a reçu une délégation de la République démocratique du Congo, messagère d’un souffle discret mais puissant : un message de Félix Tshisekedi, selon les sources présidentielles angolaises.

À la tête de cette caravane diplomatique, Sumbu Sita Mambu, Haut représentant du Chef de l’État congolais, était accompagné de piliers historiques de la politique congolaise :
- Le Professeur Émérite Adolphe Lumanu Mulenda Bwana N’sefu : ancien Directeur de Cabinet de la Présidence de la République, ancien Vice-premier Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, ancien Vice-président du Conseil National de Suivi de l’Accord (CNSA) et actuellement Coordonnateur adjoint du DESK Grands Lacs à la Présidence de la République ;
- Samy Badibanga Ntita : Premier Ministre honoraire ;
- Jean-Charles Okoto : ancien ambassadeur et PCA de la MIBA ;
- Wivine Moleka et Georges Tshiunza Mata; personnalités clés de la scène diplomatique et économique.
Ces figures lourdes et reconnues pour leur expertise en négociation ont été perçues comme des phares guidant la lumière dans l’obscurité d’un dialogue inclusif et national.
Même si le contenu du message demeure un coffre scellé, à l’abri des regards de la presse, cette rencontre survient dans un contexte où les relations entre Luanda et Kinshasa avaient connu un ralentissement. Elle intervient également alors que João Lourenço avait été mandaté par le médiateur de l’Union africaine pour piloter le dialogue national en RDC, en soutien aux initiatives internationales menées par les États-Unis et le Qatar via les processus de Washington et de Doha.

Qualifié de « top secret » par les observateurs, ce message pourrait produire les fruits tant attendus. Félix Tshisekedi, favorable au dialogue mais refusant toute pression externe, semble miser sur cette médiation pour rétablir un canal diplomatique efficace avec son voisin angolais.
Cette rencontre pourrait constituer un tournant décisif dans les relations entre les deux pays, avec des implications majeures pour la stabilité régionale et la coopération économique et sécuritaire en Afrique centrale. Les yeux des diplomates internationaux restent désormais braqués sur Luanda, suspendus au souffle de ce vent de changement.
Flodel NKIMA