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RDC : un mécanisme officieux bloque dangereusement l’exécution des paiements publics

En RDC, des paiements publics légalement engagés sont bloqués par l’informel. Ce qui vide le droit budgétaire de sa substance, paralyse l’État, favorise la corruption.
Rédaction : +243810143387

L’État congolais signe, engage, valide. Mais ne paie plus. Au cœur du ministère des finances, un mécanisme informel s’est installé, bloquant l’exécution des paiements publics pourtant réguliers. La signature du ministre, pourtant ordonnateur légal, ne suffit plus : une autorisation parallèle, sans base juridique, conditionne désormais le décaissement des fonds par la Banque centrale. Résultat : des institutions asphyxiées, des projets à l’arrêt, et un pouvoir budgétaire qui glisse hors du cadre de la loi.

Derrière ce goulot d’étranglement, une pratique lourde de soupçons : quand le paiement légal dépend d’un feu vert officieux, la règle cède la place à la transaction. Plus inquiétant encore, le silence des autorités politiques face à un dispositif qui porte atteinte au cœur même de la souveraineté financière de l’État. La question n’est plus administrative. Elle est politique : qui décide réellement, aujourd’hui, de l’usage de l’argent public en RDC ?

Un malaise silencieux s’installe au cœur des finances publiques congolaises.

Officiellement, tout fonctionne. Les procédures sont respectées. Les ordres de paiement sont signés. Mais dans les faits, l’argent ne sort pas. Entre la décision légale et l’exécution comptable, un filtre invisible s’est imposé. Illégal. Informel. Décisif. Selon plusieurs sources concordantes issues de l’administration, des bénéficiaires budgétaires et même de l’entourage ministériel, des dossiers pourtant réguliers restent bloqués pendant des semaines, parfois des mois.

En cause : une pratique non écrite qui vide le droit de sa substance. La signature du ministre des finances, pourtant ordonnateur légal, ne suffit plus à déclencher le paiement par la Banque centrale.

Une validation parallèle est exigée.

Officieusement. Le cadre juridique est pourtant limpide. Une fois l’Ordre de Paiement Informatisé signé, la Banque centrale doit exécuter. Aucun texte ne prévoit d’étape supplémentaire. Et pourtant, elle existe.

Le verrou se situerait au sein même du cabinet ministériel. Sans l’aval du conseiller en charge de la trésorerie, fonction sans pouvoir d’ordonnancement, les paiements n’avanceraient pas. Le ministre signe. Un autre décide, dénonce-t-on !

Ce déplacement du pouvoir budgétaire est lourd de conséquences. Il neutralise la fonction d’ordonnateur, installe une dépendance permanente et transforme la dépense publique en faveur conditionnelle. L’État ne paie plus par obligation légale, mais par permission. Dans ce système, le droit devient négociable.

Le terreau classique de la corruption

Dès lors qu’un paiement légal dépend d’un feu vert officieux, l’administration glisse de la règle à la transaction. Les services publics, les projets financés, parfois même des institutions constitutionnelles se retrouvent paralysés, contraints d’attendre ou de « convaincre ».

C’est un mécanisme bien connu : créer artificiellement la rareté pour monnayer l’accès. Partout, ce type de dispositif alimente la corruption structurelle. L’argent public devient une monnaie d’échange informelle. Le trésor, un marché.

Un choc frontal avec le droit, un silence assourdissant

Le droit budgétaire congolais ne laisse aucune place à l’interprétation. Suspendre l’exécution d’un ordre de paiement régulier constitue une triple violation : entrave à un acte administratif, usurpation de compétence, sabotage du fonctionnement de l’État.

Plus troublant encore : l’absence de réaction politique. Ni la Présidence, ni le Parlement, ni la Primature, ni les services compétents ne semblent s’emparer d’un blocage pourtant massif. Des institutions entières fonctionnent au ralenti. Le silence, à force de durer, ressemble à une tolérance passive. Le problème n’est plus technique. Il est institutionnel. Et profondément politique.

Qui décide réellement aujourd’hui de l’utilisation des fonds publics en RDC ? Les autorités prévues par la Constitution, ou un circuit informel niché au cœur du ministère des finances ? À qui profite ce goulot d’étranglement ? Tant que ces questions resteront sans réponse, chaque franc public portera le soupçon. Et l’État, lui, continuera de signer sans payer.

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