Il est des lettres qui dépassent le papier, des mots qui résonnent comme des tambours dans le silence du pouvoir. Celle adressée récemment au Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, par Michel OmbaNgongo, en fait partie.
Écrite sans haine ni calcul politique, cette lettre a la force des voix sincères; celles qui ne cherchent ni poste ni faveur, mais simplement la paix. Une paix devenue denrée rare dans une capitale qui tremble chaque soir au rythme des braquages et des cris d’alarme.
Une lettre comme un cri d’espoir
Cette correspondance est d’abord un acte de foi en la justice républicaine. Michel Omba y sollicite la grâce présidentielle en faveur de Maître Constant Mutamba Tungunga, figure politique connue pour son engagement et sa verve patriotique.
S’appuyant sur l’article 87 de la Constitution, qui accorde au Président le droit de gracier, le citoyen exprime une attente profonde : celle d’une réconciliation entre la rigueur de la loi et l’humanité du pouvoir.
Kinshasa, la belle fatiguée
Kinshasa n’est plus cette ville qui rit au soleil malgré la misère. Elle est aujourd’hui une cité éreintée, où chaque nuit ressemble à une épreuve. Les habitants vivent au rythme de la peur : peur de sortir, peur de rentrer, peur même de parler.
Dans ce climat d’insécurité galopante, sa lettre prend un ton prophétique : elle dit tout haut ce que beaucoup murmurent tout bas. Elle rappelle au Chef de l’État cette vérité simple : le peuple n’a pas besoin seulement de promesses, mais de protection.
L’appel à un État qui agit
L’auteur de la lettre ne se contente pas de se plaindre. Il propose. Il ose même suggérer des noms : Maître Constant Mutamba Tungunga à la Justice, le Général Célestin Kanyama à la tête de la Police de Kinshasa. Deux figures à poigne, deux symboles d’autorité.
Certes, ces suggestions font débat et c’est normal dans une démocratie. Mais au-delà des noms, le message est limpide : le Congo a besoin d’un État qui agit, pas d’un État qui explique.
L’heure est à la restauration de l’ordre, pas à la justification de l’impuissance.
L’espérance et la peur : les deux visages du peuple
Cette lettre n’est pas un texte de colère. C’est un acte d’espérance. Elle montre qu’en dépit des frustrations, le peuple croit encore en la parole présidentielle.
Mais l’espérance, si elle n’est pas nourrie d’actes concrets, finit par se muer en amertume. Le peuple congolais, patient jusqu’à l’excès, commence à s’interroger : à quoi sert la démocratie si elle ne protège pas ? À quoi sert la liberté si elle s’exerce dans la peur ?
L’État doit redevenir protecteur
Ce courrier est une interpellation directe, mais respectueuse. Une piqûre de rappel à un pouvoir parfois trop absorbé par la diplomatie et les grands chantiers. La vraie grandeur d’un État ne se mesure pas au nombre de sommets internationaux, mais à la sérénité de ses quartiers la nuit.
Restaurer la sécurité, c’est redonner au peuple confiance en son drapeau. C’est permettre à chaque Congolais de se dire : “Mon pays veille sur moi.”
Entre la fermeté et la justice
Oui, la République a besoin d’autorité. Mais elle a aussi besoin d’équilibre. La force sans justice devient oppression, et la justice sans force devient impuissance.
C’est là tout le défi du Chef de l’État : trouver cette ligne de crête où l’ordre ne tue pas la liberté, mais la protège.
Le mot de la fin : le devoir d’agir
Dans un pays où beaucoup se taisent, celui qui écrit parle pour tous. Cette lettre est la preuve que la foi citoyenne n’est pas morte. Elle rappelle au pouvoir que la légitimité ne s’entretient pas dans les salons, mais dans les ruelles de la capitale, là où les citoyens attendent un signe.
Le message est simple et fort : le peuple n’attend plus des discours, il attend des actes.
Et c’est là que se jouera, pour le Président Tshisekedi, la véritable bataille de son mandat : celle de la sécurité et de la confiance retrouvée.