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JUSTICE

CSAC : un pilier de la démocratie asphyxié par l’indifférence

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC), censé être la vigie républicaine de l’espace médiatique, traverse aujourd’hui une crise sans précédent. L’institution, créée pour réguler les médias et préserver l’ordre public informationnel, est réduite à l’impuissance, faute de moyens.

Le jeudi 18 septembre 2025, la plénière convoquée par son Président, Christian Bosembe, n’a pas pu se tenir. Non pas par manque d’enjeux, mais parce que la majorité des Hauts Conseillers de la République n’ont pas répondu présent. Et pour cause : l’absence criante de moyens financiers et logistiques.

Depuis janvier 2025, le CSAC n’a reçu qu’un seul mois de frais de fonctionnement. Résultat : les membres du Bureau, pour éviter la rupture de service, sont contraints d’emprunter de l’argent auprès des cambistes afin de couvrir les urgences de régulation. Une institution constitutionnelle qui vit à crédit : voilà le triste tableau d’une République qui se dérobe à ses responsabilités.

Des humiliations quotidiennes

  1. Des Hauts Conseillers, ayant rang de ministre ou vice-ministre, contraints de recourir aux moto-taxis pour rejoindre leurs bureaux faute de véhicules de fonction, pourtant prévus au budget depuis 2023.
  2. Un barème salarial signé mais jamais appliqué.
  3. Près de 70 % des agents sans salaire depuis 24 mois.
  4. Une institution incapable d’imprimer ou de photocopier ses propres documents de travail.

Ce spectacle indigne traduit moins un oubli budgétaire qu’une volonté manifeste de neutraliser le régulateur des médias.

Quand l’État désarme son propre rempart

Le désarmement du CSAC n’est pas anodin. En privant volontairement l’institution de ses moyens, le gouvernement la rend incapable de faire face aux dérives médiatiques qui, aujourd’hui, se multiplient : désinformation, discours de haine, manipulations, propagandes hostiles.

Or, dans un contexte où la guerre n’est plus seulement militaire mais aussi médiatique et communicationnelle, fragiliser le CSAC revient à fragiliser l’État lui-même.

Un choix politique lourd de conséquences

L’asphyxie financière du CSAC est bien plus qu’une crise administrative : elle révèle un choix politique. Affaiblir le régulateur, c’est ouvrir la porte au chaos informationnel, c’est banaliser les appels à la violence, c’est laisser prospérer la confusion au détriment de l’État de droit.

L’histoire retiendra que c’est par calcul ou par négligence que l’exécutif aura laissé mourir l’un des piliers de la démocratie congolaise.

Un appel à la responsabilité

Le CSAC n’appartient pas à ses membres. Il appartient à la République. Il est le garant de la qualité de l’information, donc de la paix sociale et de la stabilité nationale. L’heure est venue pour le gouvernement de mesurer ses responsabilités. Laisser le CSAC agoniser, c’est trahir la Constitution et livrer la démocratie à la merci des manipulateurs.

Le peuple congolais mérite une régulation forte, indépendante et opérationnelle. Faute de quoi, demain, il ne restera que les ruines d’un État qui aura choisi de se priver de son propre bouclier.

Flodel NKIMA

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